Le crowdfunding : une tendance qui ne cesse de prendre de l’ampleur

Voici maintenant une dizaine d’années que le crowdfunding se démocratise et se diversifie. Ce mode de financement prend désormais des formes de plus en plus variées, jusqu’à devenir un mode d’investissement immobilier dont on peut voir un exemple ici.

 

Cette tendance s’appuie sur des valeurs et des courants issus en partie des possibilités technologiques rendues possibles par le numérique, et en partie sur un déplacement des valeurs collectives concernant la propriété et l’individualisme.

 

Si aujourd’hui, on parle un peu moins de la révolution de l’économie collaborative, ce n’est pas parce que le mouvement s’essouffle, mais bien au contraire, car il est en train d’entrer dans les usages communs.

 

Il est peut-être donc temps de parler du crowdfunding avec un œil neuf et réflexif, pour tâcher d’expliquer les raisons de ce succès, et d’en esquisser les perspectives.

 

Crowdfunding : l’économie prend un bain…de foule.

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Souvent vu comme un bain de jouvence pour une économie souvent jugée trop mercantiliste, consumériste, bref, éloigné de l’humain, le financement collaboratif se propose de se fier à l’intelligence collective pour financer des projets.

 

Car à l’origine, ce qui différencie le crowdfunding de tous les autres courants participatifs (comme le covoiturage, la location entre particulier, l’apprentissage mutuel), c’est bien le fait qu’il réponde à un besoin de financement.

 

En effet, dans une conjoncture économique jugée difficile par maints acteurs, situation encore accentuée par la crise de 2008, les investisseurs ont eu tendance ces dernières années à fuir le risque – qui est pourtant la valeur clef de l’économie capitaliste – pour se réfugier sur des placements moins innovants, mais qui ont fait leur preuve.

 

En mobilisant les possibilités d’internet, le réseau des réseaux, qui avaient déjà prouvé avec le peer-to-peer qu’on pouvait utiliser la force du grand nombre pour multiplier sa puissance, les internautes et particuliers ont donc cherché chez leur concitoyens ce désir d’investir dans la nouveauté qu’ils ne trouvaient plus dans les circuits classiques.

 

Pour en savoir plus sur le peer-to-peer, voir ici.

 

Et chacun a été surpris par l’ampleur qu’a pris dès lors le crowdfunding. Rapidement spécialisé dans le soutien de projets artistiques et les prototypes d’objets high-tech, le financement collaboratif a su revoir le rôle des intermédiaires – sans pour autant les faire disparaître – pour rendre l’investissement accessible à tout un chacun.

 

Les raisons du succès

 

Cette forme de financement a d’abord surfé, si on peut le dire ainsi, sur un déplacement des valeurs collectives dans plusieurs domaines distincts.

 

Premièrement, il s’est avéré que l’accès à la propriété, l’achat de biens de consommations a trouvé ses limites dans les aspirations individuelles.

 

Si les générations suivant les trente glorieuses ont ainsi recherché leur épanouissement dans l’acquisition de biens en nombre – nécessaire à l’époque, concernant par exemple les biens culturels – les générations actuelles, elles, ont tendance à privilégier l’usage sur la propriété.

 

Ainsi, le don, autrefois uniquement réservé aux institutions caritatives, s’est-il répandu avec le crowdfunding. Il ne s’agit plus de payer pour acquérir un objet (même si certains investissements sont en fait très proches de préachats) mais de participer à l’élaboration d’un projet en lequel on croit.

 

On n’investit alors moins dans un objet que dans une idée, celle d’une œuvre, d’une invention, d’une performance dont on pourra ensuite jouir sans forcément en être propriétaire.

 

Voir ici les réussites du financement participatif dans les énergies renouvelables.

 

Le second déplacement de valeurs qui a été décisif, c’est le retour d’une certaine confiance dans le pouvoir du collectif face à l’individu. Face au mythe du self-made-man, qui a montré ses limites dans le domaine de l’écologie par exemple, le crowdfunding, lui, défend la représentation de la force du nombre.

 

La particularité de ce nombre est qu’il n’est pas associé à une majorité normative, mais à une communauté formée autour d’intérêts partagés. Et ce pari ne semble pas avoir fini de faire recette…

 

 

 

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